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L’histoire de Shaolin

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Tout pratiquant d’arts martiaux a entendu parler de SHAOLIN en mandarin, Sil lum en cantonais et Shorinji en japonais ( d’où, le style de karaté nippon appelé SHORINJI-KEMPO, dont les techniques sont censées remonter directement au temps du célèbre monastère ). L’influence de ce fameux monastère est telle que des maîtres japonais tel que JIGORO KANO ( fondateur du judo ),GICHIN FUNAKOSHI ( fondateur du karaté ) et MORIHEI UESHIBA ( fondateur de l’aÏkido ) y font référence. Malgré les dires des Japonais eux-mêmes, l’influence Chinoise a été très importante dans leurs arts martiaux traditionnels. Ainsi le KARATÉ DO qui à l’origine voulait dire voie de la main de Chine, devint « voie de la main vide ». Des katas d’origines chinoises furent « nipponisés », du Ku Shanku (nom d’un attaché militaire chinois, crèateur de la forme), on passa à Kwanku. En Judo, on oublia peu à peu le kata favori du maître Kano, le fameux Koshiki No Kata, crée par Chen Yuan Pin. En aïkido, on oublia tout du Yagyu Shingan Jujitsu crée par Chang Wo Ting, un chinois… Les anciens maîtres connaissaient leurs références mais leurs héritiers perdirent soudainement la mémoire. Au Vietnam, on fait référence au Thieu Lam, en Malaisie au Sao Lim… La Corée admet que plusieurs anciennes écoles de Hwarang Do, de Tang Su ( la main des Tang ), de Subak, ancêtres directs du TAEKWON DO, découlent directement de SHAOLIN. Mais voyons ce qui se passa réellement dans ce fameux temple Vers les années 100 avant nôtre ère.

Il existe cinq montagnes sacrées en Chine, situées aux points cardinaux de l’Empire qui sont:
– TAI SHAN ( Est )
– HONG SHAN (sud)
– HUA SHAN (ouest)
– HENG SHAN (nord)
– SONG SHAN (centre)
Cette dernière se situe donc « au milieu de l’Empire du centre » et est donc considérée, en quelque sorte comme le nombril de la CHINE… donc du Monde ! Douze des plus grands empereurs se rendirent tour à tour en pèlerinage sur le mont Song. Donc en 100 avant nôtre ère, un premier ermitage est construit sur le versant ouest : « le monastère du cheval blanc ». Entre les années 78 et 100 de nôtre ère, cet ermitage est agrandi par les moines du premier monastère Bouddhiste construit en Chine à Io yang. Le nouveau bâtiment servira de retraite d’été et sera couplé avec le monastère du cheval blanc crée par l’empereur .

 

 

 

 

 

 

Les mille premières années

Lors des périodes troublées, le trésor du Monastère du cheval blanc est mis en sécurité dans l’ermitage du mont Song et plusieurs moines sont chargés de le protéger. Ils sont évidemment choisis parmi les plus robustes. De cette première époque date le commencement d’une réputation de « moines guerriers » du mont Song qui ne s’éteindra plus… Afin de défendre le trésor du monastère du cheval blanc, qui s’amassait avec les offrandes faites au temple, le vénérable Chou Ching fait élever un mur d’enceinte et s’attache les services de deux experts du combat à main nue KUN SU WEl et HENG NGAI CHAN. A la fin du Vème siècle, un moine indien, BATUO, se rendit célèbre pour l’enseignement qu’il promulguait aux autres moines. Les plus célèbres furent, le moine HUI GANG (à la technique légère et volante ) et le moine ZENG ZHOU (à la technique plus puissante et qui aurait vaincu deux tigres avec son seul bâton). D’ailleurs, il fut décidé d’intégrer la pratique du maniement du bâton dans l’enseignement des moines qui s’appela pour l’occasion « la double peau de tigre ». En 495, l’Empereur Hsio Wen de la dynastie des Tsi, impressionné par la réputation de « l’ermitage du cheval blanc », décide de créer sur I’emplacement de celui-ci le plus grand monastère de Chine en l’honneur du moine Batuo. Le nouveau temple portera désormais le nom de SHAOLIN SHI « Monastère de la petite forêt » et l’Empereur lui décerna le titre de « premier monastère sous le ciel » (shi yi tien). Donc, malgré les croyances, le premier moine indien à s’installer au temple de Shaolin ne fut pas Bodhidharma mais bel et bien le moine Batuo. Le monastère s’étend à 36000 hectares, ce qui est considérable. Ses effectifs s’élévent à plus de 500 moines ayant prêtés serment et à peu près 1000 domestiques. Les dons affluant au monastère, il est décidé de laisser la garde du trésor à des moines ayant un statut particulier et connaissant l’art du combat, c’est donc à Hui Guang et Zeng Zhou que reviendra cet honneur. Ils formeront les autres moines. Ils mettent au point une méthode de combat issue des enseignements de Kun Su Wei et de Heng Ngai Chan conservés dans les archives. Hui Gang se charge de la « méthode souple » ( basée sur les saisies et les projections ), tandis que Zeng Zhou utilise la « méthode dure » ( basée sur des attaques de poing et de jambe. Le premier reçoit le nom de « force fluide » et le second celui de « force rigide ». Déjà le YIN et le YANG…

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L’illuminé

Au VIème Siècle, vers les années 520, un homme étrange, de forte carrure et à l’air farouche, demande à être reçu en audience auprès de l’ Empereur WU de la dynastie des Liang à Jian kuan. Il est le successeur de Bouddha, il dit se nommer « BODHIDHARMA », ce qui signifie « I’illuminé » dans sa langue. Il apporte selon lui, la connaissance de la loi ( Dharma ) et de la vérité ( Boddhi ). L’Empereur jugeant qu’il avait fait beaucoup de kilomètres, l’écouta. Après plusieurs paroles, l’Empereur se vit tenir tête pour la première fois et, non seulement Bodhidharma lui tint tête, mais il tourna les talons et s’en alla. Personne n’avait eu l’impudence d’être aussi irrévérencieux envers sa Majesté. Plus ou moins poursuivi, on essaya de le tuer discrètement. Bodhidharma, trouva refuge dans le monastère de Shaolin dont la réputation lui était parvenue jusqu’en Inde par le moine Batuo. Selon la légende, il traversa le fleuve jaune sur un simple roseau. Il arriva donc au mont Song, mais ne réussit pas à convaincre les moines, il se retira donc pendant 9 années dans une grotte en méditation. Une fois pour s’être endormi pendant sa méditation, il s’arracha de colère les paupières et celles-ci jetées à terre se seraient transformées en arbre à thé… On dit également qu’il se serait nourrit de cette boisson. Un jour, c’est l’illumination, il comprend le murmure des fourmis et le chant des oiseaux. Il décide de transmettre sa nouvelle doctrine, ce qui sera à la base de la doctrine « CHAN », le ZEN en japonais, la méditation. Les moines de Shaolin sont subjugués et acceptent de prendre Boddidharma comme patriarche. Il décide donc d’initier les moines à la méditation mais s’aperçoit très vite que la plupart des moines sont dans l’incapacité physique et mentale de subir une période d’immobilité, nécessaire à cette méditation. Il décide donc de créer une série d’exercices capables de fortifier le corps et le mental de ses disciples. Il utilise pour ce faire, l’héritage légué par Hui Gang et Zeng Zhou, ainsi que du Yoga et le Vajramutsi ( lutte et boxe des princes indiens ). Il nommera sa méthode « SHI PA LO HAN SHO » (Ies 18 mains de Bouddha). La particularité de cette méthode est qu’elle mêle le physique, le spirituel et la pratique de santé, tous les ingrédients du Kung fu actuel sont donc réunis. Ce que nous pouvons constater, c’est que Bodhidharma n’est pas le créateur du Kung fu… La boxe Chinoise avait déjà une longue histoire !

L’après Bodhidharma

Peu à peu les moines se lassent de la méditation et s’intéressent davantage au « 18 Mains de Lohan ». Une fois de plus Bodhidharma se voit déçu par la conception Chinoise et quitte le temple. En 557, on annonce sa mort. En fouillant sa tombe, on ne retrouva qu’une sandale et une robe. Plusieurs témoins diront l’avoir vu en route pour les Indes, chevauchant un Tigre et chaussé d’une seule sandale. Le successeur de Boddhidharrna se nomme HUI KO et est considéré comme le second patriarche (486-593). Il est cité comme le rédacteur véritable du YI KIN KING et SUI KING. C’est à peu près à cette époque que l’on différenciera la pratique de l’art martial et celle de la méditation.

Naissance d’une réputation

En 612, à la suite d’un conflit intérieur, un groupe de renégats expulsés du temple, réussit à tromper la vigilance des moines et à mettre le feu à la pagode sacrée où sont entreposés les trésors de Shaolin. Miraculeusement tout ce qui a trait à Boddhidharma échappe à l’incendie. Le 4ème patriarche décide, suite à cet évènement, de former une garde spéciale composée de moines rompus aux techniques d’armes. Jusqu’ici les moines n’avaient pour se défendre que leurs bâtons. Ils reçoivent des cuirasses, sabres, hallebardes…et apprennent à s’en servir. Une expédition punitive fut mit sur pied, et 12 moines partirent pour Lo Yang à la recherche des scélérats qui s’étaient réfugiés chez un mandarin. Ils prirent la ville d’assaut, punirent les coupables et revinrent sans avoir subit aucune perte. A partir de ce moment, Shaolin obtint une côte de popularité sans égal, au point où l’Empereur Tai Lsung fit appel à eux pour repousser une invasion Mongole. 500 moines sont aussitôt envoyés et malgré une infériorité numérique écrasante, ils balaient les mongols. Le nom de Shaolin retentit dans toute la Chine. l’Empereur lève alors l’interdiction de boire du vin et de manger de la viande et accepte que Shaolin puisse entretenir une troupe armée.

Les moines brigands

C’est HUNG JEN, ancien général déstitué, qui fit de nos moines de véritables brigands, pillant et rançonnant le voisinage. Ils acquérirent la réputation de « moines de vin et de chair ». Hung Jen peut-être considéré à juste titre comme un mauvais succésseur sur un plan religieux ou spirituel, il n’en demeure pas moins l’artisan de la grandeur politique, militaire et martiale de Shaolin.

Le déclin

A la suite de graves difficultés politiques, de nombreuses réformes fiscales ont lieu. L’une d’entre elle vise notamment les monastères Bouddhistes considérés comme trop puissants ou trop riches. Shaolin est évidemment directement concerné et doit abandonner à l’état une bonne partie de ses richesses. Pour la première fois Shaolin entre en sédition contre le Pouvoir impérial.

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